Confession d’un PD

Voici le témoignage d’un « PD » qui montre une réalité ignorée de la plus grande majorité des gens concernant les harcèlements dont nous, homosexuels, pouvons être victimes. Aujourd’hui, j’ai appris à m’accepter et ne plus avoir honte de moi dans cette société patriarcale, misogyne et homophobe. Les mots ont certes leurs importances, mais heureusement j’ai eu la chance de n’être jamais agressé physiquement, cependant, cela n’enlève en rien la souffrance que j’ai pu ressentir à travers ces simples paroles.

Tout commence avec un mot: PD. Imaginez à seulement 10 ans la force destructrice que cela peut émettre. Ensuite, il vous poursuit toute votre vie d’une façon ou d’une autre à travers d’autres termes similaires comme tapette, pédale, tête de pd, …

Au collège, période transite vers l’adolescence, on veut être comme tout le monde mais au bout d’un moment la sexualité intervient et sépare les garçons et les filles en deux clans. Chaque genre doit avoir ses comportements, pour mon cas cela concernait l’interdiction de pleurer, la manière de marcher, de s’habiller, ou encore de parler avec une voix grave. Voila les comportements qu’un homme doit accepter pour être reconnu par ses confrères collégiens.

Avec ce même mot cité précédemment, les conséquences arrivent par la suite: on a peur dans les vestiaires, l’arrêt de bus devient une épreuve, et les détours devienne un rite pour éviter les autres. Et tous ces efforts par seule crainte de ce mot, qui quand ils vous concerne est inaudible tellement il fait mal.

La réussite scolaire en est même pénalisée, on se met au fond de la classe en espérant ne plus être remarqué, jusqu’à oser se demander: suis je un monstre ? La mort, aussi folle soit elle, devient une amie qu’on essaye de rejoindre malgré les répercussions que cela entraineraient. Finalement, on décide de quitter cette enceinte devenue hostile pour soi, pour sa santé, pour sa survie.

Heureusement, le monde professionnel qui est venu par la suite s’est avéré plus tolérant, où les différences sont acceptées, où notre normalité n’est pas remise en cause, où les gens vous aiment comme vous êtes, sans jugements et sans attentes.

J’ai appris à accepter qui j’étais, à me battre pour ce que je défend et à espérer que notre société future sera plus amical concernant les homosexuels, et que les mentalités continueront à évoluer. Aujourd’hui accusé de « différent », je souhaite être reconnu comme égal à tous demain.

A. Nonyme

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