Synthèse – Histoire de la langue S1

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1. Le français classique et moderne 

  • Le choix du français

Durant le Moyen Âge, le français est constitué de plusieurs parlers différents, avec cependant le latin qui garde son importance et sa notoriété de langue culturelle puisque que la majorité des écrits restent en latin. C’est en 1539, avec « l’Ordonnance de Villers-Cotterets » que François Ier déclara le français comme langue officielle de l’Etat. La justice étant jusqu’à présent uniquement tenue en latin, cela empêchait les partis concernés de comprendre l’enjeu pour lequel ils étaient convoqués. Cette ordonnance marque donc la fin du latin comme langue administrative, judiciaire et politique, et annonce la début du français comme seule langue à valeur légale.

  • Equipement de la langue

Durant le 16e, le français n’est aucunement doté d’orthographe, de grammaire ou de dictionnaire, il manque donc la codification et la grammatisation de la langue. Ces deux étapes font intervenir plusieurs facteurs à savoir: le code graphique (orthographe), les dictionnaires (équipe et structure la langue) et la grammaire (établie les normes linguistiques). Les institutions sont aussi requises pour superviser l’évolution de la langue, l’Académie Française sera fondée 1635 mais ne publiera le premier dictionnaire français qu’en 1694.

  • Politique de la langue

Le latin sera progressivement abandonné dans chaque domaine et remplacé par le français qui s’officialisera comme langue d’Etat. En revanche, plusieurs patois persisteront à cause de l’inexistence d’un système éducatif pour les populations ne faisant pas parties de la noblesse. En 1790, une enquête sera menée par l’Abbé Grégoire sur l’utilisation des patois, il en conclura que cela est en lien avec l’illettrisme et que les patois servent exclusivement à la communication. Après la révolution de 1789, la formule utilisée sera d’uniquement imposer le français  comme langue nationale avec l’envie d’éradiquer toutes les langues régionales. Cela sera d’ailleurs encouragé à travers la fondation des écoles centrales en 1795, avec comme but de former des instituteurs pour qu’ils enseignent la langue française à travers tout le territoire. Finalement, en 1881, Jules Ferry rendra l’éducation gratuite et obligatoire à tous les citoyens français.

  • Le français comme « langue de tous »

Aujourd’hui, pas un seul citoyen ne parle pas la langue française. De plus, les médias étant tenus uniquement en français, cela force l’apprentissage de la langue pour suivre les informations diffusées. Les deux guerres mondiales marqueront aussi un tournant dans la pratique de la langue puisqu’elle fut utilisée à travers tous les soldats pour communiquer.

2. L’histoire phonétique du français

  • Le système phonétique

La phonétique s’intéresse aux sons, 37 phonèmes et environ 130 graphèmes dans la langue française. Elle est déterminée par 4 paramètres à savoir: l’accent, les durées, les hauteurs et les timbres. Tous sont essentiels à la pratique de la langue.

  • La phonétique historique

La syllabe marque la relation voyelle/consonne, la longueur d’une voyelle est rarement relevée dans le français contemporain. Les accents et l’intonation constituent la prosodie, et sont primordiaux à la pratique de la langue. Enfin, les consonnes sont classées selon les obstacles qui bloquent l’air en les prononçant.

  • Histoire phonétique

Au 4e, le latin qui est uniquement conditionné par la parole, donne une importance capitale aux accents. Avec le temps, seule la voyelle sous l’accent gardera cette trace historique. Entre le 5e et le 8e, le latin sera modifié à cause de l’influence germanique. Les traces aujourd’hui sont le /h/ aspiré ou encore les voyelles devenues plus appuyées avec les diphtongaisons. Du 6e au 11e la phonétique subit une palatalisation très forte. Entre le 11e et le 13e, chute de certains sons comme le /s/ devant certaines consonnes représentée aujourd’hui par l’accent circonflexe (forêt, île). Durant la même période, une dénasalisation atténuera l’accent sur les voyelles. Au 17e, la réinstauration de la prononciation de certaines consonnes finales d’où la dissymétrie de certains mots par rapport à d’autres. Mais aussi au même moment la chute du /e/ final. Finalement au 19e, la disparition du phonème /l/ (mouillé) pour le remplacer par le /j/, également des changements de prosodie comme l’abandon de certaines liaisons et d’intonations.

3. L’histoire lexicale du français

  • Origines, influences, empreints

La majorité des mots viennent du latin (le substrat), qui est par conséquent l’étymon de la langue française. En revanche, et avec l’évolution de la langue, beaucoup de mots seront remplacés par la manière argotique et populaire. L’ancien français simplifiera énormément de mots les rendant parfois presque méconnaissables. Aussi, la langue française recevra plusieurs influences germaniques qui seront par la suite abandonnées durant le conflit franco-germanique, dans le but de montrer une langue indépendante et insoumise. D’autres langues interviendront dans la construction du français comme l’arabe (concerne les domaines scientifiques), l’italien qui verra son influence très importante au cours du 16e (concerne le domaine militaire, du spectacle et de la vie quotidienne). Enfin, une influence anglaise croissante au fil des siècles et de plus en plus présente dans la langue française (concerne les loisirs et autres domaines encore inclassables).

  • Les facteurs évolutifs

Au début du 16e, un grand développement est fait autour de la terminologie, avec plusieurs mots calqués au latin ou au grec à travers les multiples ajouts d’affixes. Au 18e, les mots techniques remplaceront les mots populaires. Avec à nouveau durant le 19e et le 20e, une addition de terminologies multiples à travers l’essor de la technologie. Sans oublier au fil de chaque époque les variations nouvelles en lien avec l’échelle sociale, à savoir: le jargon (Moyen Âge), l’argot (19e), le louchebem (20e (verlan)).

4. Histoire morphologique du français

  • Le français est-il flexible ?

Dans le courant du 15e, une conservation des morphèmes latins avec des affixes considérés comme « savants » sera faite, avec parfois des assemblages gréco-latins montrant un morphologie construite artificiellement. Au 16e, multitudes de diminutifs créés à cause du manque de normes encourageant la création linguistique. De plus l’influence italienne amènera tous les mots finissant en « issime » pour exagérer la grandeur. Mais aussi durant la même période, la mode des mots composés qui associent deux ensembles à l’aide du trait d’union.

  • Procédés modernes

Multiplication des affixes qui enrichissent la langues et par la même occasion rendent sa compréhension parfois compliquée et élitiste. En opposition avec la morphologie populaire faite à travers des onomatopées, des troncations, l’utilisation du verlan ou encore des siglaisons.

  • La féminisation 

Revalorisation des noms féminins comme l’adaptation de certains métiers aux deux genres, ou encore l’article « la » avant des mots à connotation masculine. Cependant certains mots se voient rester compliqués à féminiser.

5. Histoire de la variation du français

  • Qu’est ce que la variation ?

Une langue est composée de plusieurs facteurs à savoir: le lexique commun, la terminologie, les emprunts et les variations. Il y’a cependant 3 types de variations telles que: la variation géographique, la variation sociale et la variation situationnelle.

  • Du latin au français

Des aspects latinistes sont utilisés de manière plus importante depuis les invasions germanophones, mais n’ont plus aucune importance à l’écrit depuis le Moyen Âge. Le latin restera cependant la langue officielle de la religion jusqu’à « la reforme des Luther (16e) » pour les protestants et jusqu’à « la réforme de Vatican II (20e) » pour les catholiques. Le domaine scientifique restera latin jusqu’au 18e et jusqu’au 20e pour le domaine du droit.

  • Des patois aux langues régionales

Entre le 16e et le 18e, annexions de nouvelles régions comme la Bretagne, la Corse et la Languedoc, ce qui amène de nouveaux parlers sur le territoire français. Après la révolution, les patois étaient combattus car ils étaient en lien avec le féodalisme et donc la division du pays. Cependant en 1951, « la loi Deixonne », autorisa l’apprentissage de langues régionales (rebaptisées ainsi car le mot patois exprimait une connotation péjorative).

6. Le français dans le monde, dans l’histoire et aujourd’hui

  • Le français en Europe jusqu’au 19e

1685, révocation de « l’Edit deNantes », et par conséquent émigration des protestants hors de France. Cependant à leurs arrivées dans des pays plus libre concernant la pratique religieuse comme les Pays-Bas, l’Allemagne ou la Grande-Bretagne, la langue francophone s’est vue être indirectement diffusée à travers toute l’Europe. Le français devient dans le courant du 18e la langue de culture, mais avec la conquête de l’Europe par Napoléon sa popularité se voit baissée nettement pour éviter le risque de « contamination ».

  • La colonisation 

Arrivée de Jacques Cartier et de la langue française en 1534 sur le continent nord-américain, avec la création de la Nouvelle-France (Louisiane). Cependant la défaite face à la Grande-Bretagne après la guerre des sept ans fera perdre tout ce territoire à la France. Malgré la défaite face aux Anglais, le français est resté présent dans cette région, dans la Nouvelle-Orléans avec comme langues le canadien et le créole. Mais, la majorité de la population francophone se repliera au nord dans la zone du Québec, aujourd’hui francophone à 80% avec en 1977 la mise en place de « la loi 101 » qui rend obligatoire le double-étiquetage (Français et Anglais).

  • Français dans le monde 

Environ 180 millions de locuteurs actifs (pratique et compréhension), reste un chiffre très approximatif car ne prend pas en compte les locuteurs passifs (compréhension uniquement) et le facteur de créolisation puisqu’il ne s’agit pas exactement du français, mais d’un résultat entre la langue de colonisation et celle des peuples esclaves.

7. Supports et normes 

  • Les supports

Au Moyen Âge seuls les copistes pratiquaient l’écriture du français à travers l’utilisation de manuscrits. C’est en 1453, avec l’invention de l’imprimerie par Gutenberg, que le monde de l’écriture subira une première révolution. La deuxième révolution apparaitra au 20e avec l’essor du numérique.

  • La construction des normes

Elle se fait tout d’abord avec la construction d’une grammaire qui présente des règles à suivre, ensuite avec la création de dictionnaires qui fixent un grand nombre de mots existants et utilisables, enfin la mise en place d’institutions pour superviser l’évolution de la langue.

8. Histoire de l’orthographe

  • Des origines au 17e

Durant le Moyen Âge la graphie est généralement adaptée sur la phonie et est très peu normalisée contrairement au latin. De plus le français connait une multitude de manières selon la région dans laquelle il est écrit, avec des variations d’un manuscrit à un autre ou au sein du même manuscrit. C’est avec l’invention de l’imprimerie que l’intérêt pour l’orthographe sera installé, puisque cela posera un problème à l’imprimeur si il n’est pas clairement établi. Un choix devra être fait entre la prononciation et l’histoire du mot, cependant voyant le travail trop complexe que cela constituait. Les lettres furent donc revues individuellement avec une préférence faite envers l’ouverture des voyelles plutôt qu’envers la nasalisation.

  • Evolution de la graphie

Au 17e, opposition entre les modernes et les conservateurs avec le problème de la graphie qui, pour les modernes, rendait le français inabordable aux classes sociales inférieures. Les conservateurs l’emporteront avec le support de l’Académie Française en mettant l’accent sur 3 arguments à savoir: le principe de distinction, le principe patrimonial et la morphologie. Cependant, encore aujourd’hui la langue française fait face à de nouveaux problèmes comme l’accent circonflexe sans utilité ou les pluriels des mots composés inexistants.

C. Conception

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