Johann Huber, maitre en art oratoire

Johann Huber, sacré lauréat du concours Fleur d’Eloquence 2018, est un des rares étudiants réussissant à allier un attrait pour la science et l’art. Actuellement en quatrième année à Polytech Sorbonne, ce dernier est aussi comédien au sein du Conservatoire W.A. Mozart en option théâtrale. Après trois tours d’épreuves, s’entendant sur un mois et demi, le jeune Johann prouva ses talents d’orateur et d’écrivain qui convainquirent le jury à lui attribuer le titre prestigieux de « maître en art oratoire ».

De quelle manière vous êtes vous inscrit à Fleurs d’Eloquence ?

L’envie de participer à un concours d’éloquence était déjà dans mon esprit dès l’année dernière, mais malheureusement je n’avais rien trouvé de comparable à Fleurs d’éloquence sur le campus de Jussieu. Cependant, et grâce à la fusion avec Sorbonne Université, j’ai eu la chance de pouvoir m’y inscrire pour cette saison.

Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots la formation offerte avant le premier tour ? 

La formation nous offre plusieurs intervenants aux profils divers (philosophe, personnalité de théâtre, enseignants, chercheurs) qui proposent aux participants une vingtaine d’heures de cours pour aborder les fondements de l’art oratoire. On nous y apprend l’argumentation, mais aussi l’actio (la voix et la gestuelle). Cette formation permet également de s’enrichir des clefs universellement applicables à la prise de parole en public, que ce soit dans un cadre formel ou dans un cadre privé.

Le fait d’avoir pris part à des cours de théâtre, pensez-vous que cela fut clef à votre victoire ? 

La pratique du théâtre est un extraordinaire entraînement et permet de développer des compétences bien plus variées que l’aisance à l’oral, ou la maîtrise du corps et de la voix. L’étude de l’art dramatique donne des clefs de compréhension de l’acte de représentation en général, comme le « lâcher prise »,  ou, plus important encore, l’écoute du public. Il me semble que l’écoute de l’auditoire a fait la différence en ma faveur à chaque tour. Que ce soit dans la préparation ou pendant la déclamation, il y a un juste tempo à trouver pour se mettre au diapason avec le public. Ressentir, pendant le discours, que l’on dialogue avec la salle est un sentiment tout à fait exaltant.

A quel moment avez-vous commencé à penser que le lauréat de l’édition 2018 pouvait être vous ?

Au cours de la finale, j’ai eu la sensation que les autres participants n’ont pas été aussi bons qu’au tour précédent, où tous les trois ont eu de véritables moments de grâce. L’enjeu et le contexte ont peut-être pesé sur les prestations. J’avais pris volontairement des risques dans l’écriture : une argumentation peu orthodoxe, et parfois même de l’humour grinçant sous une apparente mauvaise foi. Dans ces circonstances, il m’a semblé que l’audace pourrait tourner plus facilement en ma faveur.

Quels bénéfices en avez-vous tirés ?

Tout d’abord beaucoup de plaisir. De plus, la formation et l’exercice du concours sur la durée m’ont permis de prendre véritablement goût à l’art oratoire, et me donnent envie de poursuivre sur cette voie chaque fois que l’occasion se présentera.

Cela a-t-il eu de l’impact sur vos projets futurs ?

À court terme, j’ai été invité au concours George Clemenceau, organisé par le Ministère des Armées, pour y participer avec d’autres gagnants de concours d’éloquence provenant d’universités et de grandes écoles. En ce qui concerne mes projets sur le long terme, cette expérience aura très certainement un impact, mais je n’en prendrai pas conscience avant plusieurs mois, voire même plusieurs années.

Merci à Johann Huber de nous avoir accordé cet entretien et d’avoir partagé un aperçu personnel au concours Fleur d’Eloquence, sans oublier de le féliciter pour sa victoire à cette septième édition. En espérant que sa route vers la gloire n’en est qu’à ses débuts et que ce sacre ne soit que le premier d’une longue série.

L. Cohen

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