Bienvenue à la Sorbonne

  • Mise en bouche

Située au coeur de l’ancienne capitale du monde et de son fameux quartier latin, non loin du vaste parc du Luxembourg, l’université de la Sorbonne demeure aujourd’hui l’un des monuments les plus considérables de France. Porte-parole des arts, lettres et sciences humaines, cet établissement compte milliers de génies passés, actuels et en devenir. En quelques chiffres, il regroupe à ce jour 55000 étudiants en licence et maîtrise, 4500 doctorants, 6700 chercheurs et enseignants ainsi que 26 sites à travers tout l’Hexagone, et même une aile récemment construite à Abu Dhabi. Elle accueille enfin le siège du rectorat de l’Académie de Paris et celui de la chancellerie des universités de Paris.

  • Sur les pas de l’histoire

Sous l’influence de Napoléon, les facultés de sciences, lettres et théologies seront réunies sous le même toit durant l’année 1821. Toutefois, cette concentration de savoirs entraînant des problèmes d’exiguïté, les laboratoires de recherche durent se voir délocaliser quelques rues plus loin.

Dans les années 1880 un concours d’architecture dont la Sorbonne faisait l’objet fut remporté par Henri-Paul Nénot. Ce dernier s’était alors acquitté de répartir adroitement locaux administratifs et amphithéâtres afin d’assurer une meilleure cohésion des acteurs du monument. Entre-temps, l’étude de la théologie fut bannie et les universités de droit, lettres, médecine et science se rassemblèrent à nouveau en une seule et même entité, engendrant de fait l’apparition de multiples annexes.

Mais, moins d’un siècle plus tard, en mai 1968, la Sorbonne devint le théâtre du mouvement de contestation estudiantine. En effet, dès le 13ème jour du mois une grève générale fut annoncée et la faculté fut assiégée par une jeunesse enflammée dans laquelle se mouvaient toute la palette politique de nuances d’extrême-gauche. Néanmoins, le caractère symbolique de la Sorbonne demeura très fort au sein de la revendication des étudiants, et continue encore aujourd’hui à être le symbole d’une scolarité libre.

  • Perceptions

D’ailleurs, comment pourrions-nous rester de marbre face à tel édifice ? La chapelle Sainte-Ursule dont la façade nord donne sur la Cour d’Honneur, demeure enclavée dans le complexe universitaire depuis sa construction en 1635. A travers l’Histoire, elle adopta divers statuts avant d’être finalement déconsacrée, donc fermée au culte, en 1906 d’après la loi de séparation des Eglises et de l’Etat. Dès son édification elle gagne l’approbation de la population française éclairée car devenant ainsi le premier monument d’importance à coupole dans la capitale. Ses proportions élégantes, ses imposantes colonnes, sa majestueuse présence, font ainsi d’elle aujourd’hui un des chefs-d’œuvres de l’architecture française classique.

Un sentiment de respect mêlé d’admiration nous saisit invariablement. La nature de l’émotion procurée relève principalement de son histoire évoquée plus haut. En effet, la Sorbonne incarnant l’emblème de l’éducation à la française riche en savoirs artistiques, philosophiques, littéraires et scientifiques, ne peut qu’inspirer une fierté, sinon même un certain privilège teinté d’enthousiasme de pouvoir pénétrer son enceinte, visiter ses couloirs, et pour les plus chanceux, occuper les bancs de ses amphithéâtres. Ses imposants escaliers de marbre à balustres côtoyant des murs aux sculptures finement ouvragées participent aussi grandement au revêtement de l’espace, et confortent les visiteurs par son charme esthétique ainsi qu’historique.

Alors que l’euphorie gagne l’étudiant, la crainte de décevoir en devient néanmoins aussi une pensée accablante. Réussir à maintenir ce devoir de mémoire, d’élitisme portés depuis sa création, fait de nos études un combat continu pour relever le défi de satisfaire les attentes prônées ainsi que les exigences que ce monument nous incombe. Alors que l’audace prend enfin le dessus et nous pousse dans l’enceinte de l’établissement, la Cour d’Honneur nous interrompt quelque peu dans notre élan : nous sommes désormais sondés par les regards aigus de Louis Pasteur et de Victor Hugo, appuyé contre sa main et marquant un air de profonde réflexion. 

  • Mot de la fin

“Vivre en bonne société, collégialement, moralement et studieusement”, disait Robert de Sorbon. Par cette affirmation, le créateur du collège de la Sorbonne invitait ses étudiants d’adjoindre à l’assiduité et à la rigueur déployées envers leurs études la convenance d’un respect mutuel et solidaire moral envers autrui. Somme toute, s’il y a bien une valeur que les dirigeants de la Sorbonne n’ont eu de cesse d’intimer à la jeunesse ayant défilée entre ces murs, c’est celle de la créativité : étroitement liée à l’histoire de l’établissement et à son interdisciplinarité, la créativité réside bel et bien dans le courage de prendre des initiatives et d’entreprendre par soi-même toutes formes de projet, toutes formes de conception.

C.-R. Yener

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