Jeannine, c’est beau la folie

Sans revenir sur toute la discographie de Lomepal, après Flip en 2017, double platine et début d’une carrière reconnue plus largement, le rappeur, victime de sa productivité, est déjà de retour avec son nouvel album Jeannine. Plus d’un mois étant passé depuis la sortie, il est désormais acceptable de dire sans prendre de risque que l’album fut un franc succès au sein de la critique, ainsi que du public.

Le fameux Palpal quitte ses questionnements passés et assume à présent sa personnalité et les problèmes qui le pesaient précédemment. Avec 14 titres et 2 « Skitz », concept déjà présent dans Flip, Jeannine offre un large éventail de thèmes et de registres musicaux, allant de la mise en abîme profonde au « banger » enflammé.

Contrairement au court passage de skateboard assez brut, cet album commence sur une douce symphonie enfantine et une introspection de l’artiste sur sa reconnaissance enfin débutée. Concernant les instrumentales, même si chacune est différente de la suivante, toutes expriment une musicalité en adéquation avec l’esprit de l’album, à savoir une atmosphère douce et sereine. Quant aux thèmes abordés, même s’ils peuvent être redondants, ils seront toujours repris avec une approche différente, parfois opposée, et un développement plus approfondi.

Le ressenti face à la célébrité y est notamment développé, l’artiste étant divisé entre un sentiment d’incompréhension, comme dans Evidemment, mais aussi une euphorie invincible, comme dans Ma Cousin. Sentiment naturel quand on connait l’évolution de Lomepal, qui après avoir passé plusieurs années dans l’ombre connait subitement une impressionnante notoriété. En parallèle se construit une impression nuancée sur le sentiment amoureux, Le vrai moi remerciant les bienfaits que l’amour peut offrir, à l’inverse de Trop beau qui dépeint la tristesse qu’incombe la rupture. Finalement, il y a aussi, en quelque sorte, un éloge familiale, qui s’exprime certes dans Beau la folie mais qui est surtout montré à travers les passages avec la mère de Lomepal, comme Skit Mamaz ou quelques conclusions de titres.

Les collaborations sont, comme le reste, très réussies, deux étant faites avec les amis de la première heure comme JeanJass ou Roméo Elvis. 1000ºC étant la chanson annonçant la future sortie, elle est probablement la plus connue, ou encore X-Men, qui met en situation une conversation post-rupture entre amis. La vérité, en collaboration avec Orelsan et précédée d’un passage humoristique, est une des chansons ayant retenue l’attention pour ses attaques sans destinataire. Cependant, le but était sans doute de simplement enchaîner les phases pour simuler un procès amusant envers certains artistes, sans pointer du doigt une cible précise.

Si malgré tout il fallait se résoudre à lui accorder quelques bémols, deux seraient nécessaires à relever. Même si l’humoriste Roman Frayssinet fait des ravages partout où il passe, sa présence sur le passage Skit Roman fait malheureusement défaut à la cohérence globale de l’album. De même que les premières secondes de Cinq doigts, le morceau étant très bon hormis cela, rend le début quelque peu inconfortable.

Pour conclure, l’album témoigne d’un très haut niveau lyrique et continuera surement de tourner en boucle dans les oreilles du public pendant plusieurs mois. Avec Jeannine, Lomepal confirme le talent que comptent les artistes du genre rap, sans mentionner, en constatant l’engouement autour de l’album, une possible récompense aux prochaines Victoires de la Musique.

L. Cohen

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