Synthèse – Versification S4

I. Le hiatus

Succession dans le vers de deux voyelles, jugé comme laid dès la renaissance et donc majoritairement banni de l’usage quand il s’agit d’un hiatus interne. Même traitement pour une occurrence d’un mot à l’autre, au début jugé négativement mais autorisé malgré tout pour finalement être interdit sous le classicisme.

  • Exception
  1. Dans le cas d’un « e » muet

Brebis perdue reviens et retourne au troupeau,

  1. Dans le cas d’une consonne muette

Comment puis-je oublier ? Ce héros inconnu

II. Diérèse et synérèse

Représente une double possibilité d’énonciation, cependant le poète classique n’a pas le choix concernant l’utilisation de l’un ou de l’autre, il doit se baser sur son étymon latin, si ce dernier à deux syllabes le mot sera prononcé avec une diérèse et inversement si le mot n’a qu’une syllabe. Par conséquent, il ne faut pas considérer cela comme un accent volontaire du poète.

  • Exception
  1. Dieu
  2. Diable
  3. Oui
  4. Fuir

D’après leurs étymons latins ils devraient être lu en prononçant la diérèse mais ils sont malgré tout prononcés en synérèse en raison de l’usage courant.

  1. Subjonctif  et terminaisons en « ions / iez »
  2. Imparfait et terminons en « ions / iez »

Devrait normalement se prononcer en diérèse le classicisme les a imposés en synérèse.

  1. Terminaisons « ier »

Flottement avant le classicisme, ce qui permettait aux poètes de choisir entre les deux possibilités, mais par la suite la prononciation en diérèse est devenu obligatoire.

III. Le « e » féminin

  • Prononciation ou élision
  1. Devant consonne après consonne – toujours prononcé

Maudit soit l’Eternel qui m’ordonne ce rôle

  1. Fin de vers – jamais prononcé (apocope)

De ne jamais agir, pour ou contre les hommes

  1. Devant voyelle – jamais prononcé (élision)

D’après toi je me trompe alors revois ton choix

  1. Devant consonne après voyelle – jamais prononcé

Et si cela échoue alors je reviendrai

  1. Imparfait à la P6 – jamais prononcé
  2. Conditionnel à la P6 – jamais prononcé
  3. Subjonctif pour les verbes être et avoir à la P6 – jamais prononcé
  • Exception à la tradition (poésie moderne)
  1. Fin de vers

Rare qu’il soit prononcé mais possible malgré tout.

  1. Devant consonne après consonne

Syncope si le « e » est élidé dans le mot.

  1. Devant consonne après voyelle

Apocope s’il est prononcé.

 IV. La rime

  • Les différentes rimes possibles
  1. Pauvre (un phonème)

J’aurais voulu rester mais j’étais trop honteux

D’avoir tué cet homme et quittais donc ce lieu.

  1. Suffisante (deux phonèmes)

Je viens te réclamer une quête importante,

Regarde autour de toi ces âmes innocentes.

  1. Riche (trois phonème)

Alors cher Aaron te voila revenu,

Moise n’est pas la, serait-il retenu ?

  1. Dérivative (Association de deux mots à l’aide d’un suffixe ou d’un préfixe)

J’aurais donc échoué à vous faire comprendre,

Mais restez attentif au risque de méprendre

  1. Inclusive (L’un des deux mots est inclus dans sa rime d’appel ou d’écho)

Nous pensions que Séthi était le plus infâme,

Mais nous souffrons bien plus face au tyran sans âme. 

  1. Similaire

Reprise du même mot pour la rime, interdit à partir du classicisme.

  1. Léonine (quatre phonèmes)

Alors que je voulais aller vers la concorde,

Lui visait simplement d’amener la discorde.

  • 3 grands modèles de rimes dans la poésie français
  1. Plate (AABB)
  2. Croisée (ABAB)
  3. Embrasée (ABBA)
  • Les principes d’opposition
  1. Grammaticale (association de deux catégories grammaticales différentes)

Depuis quatre-cent-ans les Hébreux sont présents,

Prisonniers de ce lieu, vivant dans le tourment.

  1. Lexicale (association de deux mots n’appartenant pas à la même famille morphologique)

Ne vous inquiétez pas Moise nous défend,

Je peux en témoigner, comptez moi dans ses rangs.

  1. Volumétrique (association de deux mots n’ayant pas le même nombre de syllabe)

En arrivant au Nil tu mettras ton bâton

Au fond de la rivière et se transformeront

  1. Sémantique (association de deux mots n’ayant pas de proximité sémantique)

Ce lieu qu’ils ont maudit par leur simple présence,

Offrant à mon pays nombreuses médisances.

  • Exception (poésie du Moyen-Âge)
  1. Annexée

Syllabe finale d’un vers est celle initiale du suivant.

  1. Fratrisée

Dernier mot du vers d’appel est celui initial du vers d’écho.

  1. Enchainée

Le radical du dernier mot du vers d’appel est celui initial du vers d’écho.

  1. Batelée

Le vers d’appel rime avec l’hémistiche du vers d’écho.

  1. Brisée

Les deux vers riment à la césure.

  1. Vers léonin

Les deux hémistiches d’un vers riment ensemble.

  • Autres alternatives (poésie moderne)
  1. Assonance

Homophonie de la dernière voyelle accentuée mais hétérophonie des phonèmes suivants.

2.  Contre-assonance

Hétérophonie de la dernière voyelle accentuée mais homophonie des phonèmes suivants.

3.  Assonance enrichie

Proximité de prononciation à travers les couples de consonnes sourdes et sonores.

4.  Contre-assonance enrichie

Proximité de prononciation des voyelles, quasi-similitude avec la paronomase.

V. Le genre métrique

L’alternance entre les rimes féminines, « e / es / ent », et masculines, tous les autres cas, représente simplement une contrainte esthétique qui se rattache à la langue, encore à la renaissance le « e » final était prononcé ce qui faisait entendre la différence entre les rimes. De plus, seul compte le son de la rime et non l’orthographe, du fait que les écrits étaient prononcés plutôt que lu, donc les rimes d’appel et d’écho peuvent t’être écrites différemment tant que la sonorité est la même.

  • Exception
  1. Conditionnel «  aient »
  2. Imparfait « aient »
  3. Subjonctif du verbe avoir en P6
  4. Subjonctif du verbe être en P6

Devraient être naturellement considérées comme rimes féminines mais sont en réalité masculines.

VI. Le rythme 

  • Les coupes et césures

Les coupes représentent les fins de mesures rythmiques, un vers en compte donc plusieurs, alors que la césure marque la séparation entre les deux segments du vers, donc une seule occurence si le vers dépasse les huit syllabes.

Demain / ils comprendront // que leur Dieu / est un Roi.

  1. Moyen-Âge, octosyllabe, bloc entier donc pas de césure
  2. Renaissance, décasyllabe, donc soit 6//4, soit 4//6
  3. Classicisme jusqu’au dix-neuvième, alexandrin, donc toujours 6//6
  • Traitement traditionnel
  1. Elision du « e » à la césure

Je suis bien malheureuse // et surtout consternée,

  • Ecart envers la tradition (poésie du Moyen-Âge ou moderne)
  1. Césure enjambante

Le vers respect le compte de syllabe mais la césure tombe au milieu d’un mot.

  1. Apocope devant consonne

Le vers dépasse le compte de syllabe et oblige la non-prononciation d’un « e » normalement prononcé.

VII. La syntaxe

  • Concordances
  1. Stricte (vers indépendant)

Si tu crois m’apeurer cela est un échec.

  1. Différée (enjambement)

Il faut y remédier avant qu’il se décide

De commettre une action impure et régicide.

  1. Métaposition (inversion)

Aurais-je donc eu tort au cours de ces années ?

  • Discordance
  1. Rejet externe

La syntaxe est en retard sur la métrie.

  1. Rejet interne

Nous attendons…

                             Suis-je // le gardien de mon frère ?

  1. Contre-rejet externe

Crois-tu en tes propos ?  // Cela serait bien fou

De pensez que Ramsès vous renverra chez vous.

  1. Contre-rejet interne

La syntaxe est en avance sur la métrie.

  1. Enjambement externe

Mon nom est mot sacré et une punition

Sera faite à celui l’invoquant sans raison.

  1. Enjambement interne

Lui qui a mit à mort // de nombreux innocents,

 

C. Conception

PS : Tous les vers cités viennent de la pièce « Moise » de Liam Cohen.

 

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